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dimanche 12 mai 2019

TRACES PASSÉES DE MON ÂME




Comme je suis l'unique, 
il y a des millions et millions de voix, 
de suintements, 
d'embrassements,
de frictions, 
de cris d'émotion,
etc. 
qui sont en moi et que je suis.
J'ai milles mémoires,
d'innombrables passés.
Dans mes yeux les astres d'autrefois brillent encore.
Mais dans la trame je m'ouvre 
plus particulièrement
sur ce corps-ci et cette personne-ci
J'aurais pu rester là oublié 
Et même dans la transparence
Le cœur aurait pu rester non défriché
Et la joie dans le cœur aurait pu rester 
non purifiée...
Par je ne sais quelle grâce
me voici éveillée
je regarde par ses yeux. 
Ce bipède endormi qui se croyait individu 
n'était que l'animal que j'expérimentais
en toute libéralité.

Au fond de lui dans le cœur de son cœur 
de sa vue intérieure
il y a
des souvenirs 
une trame d'instantanés 
d'une ligne d'êtres passés
Il y a deux petits animaux calfeutrés dans leur terrier.
Il y a un fou d'Allah scandant son nom à tue-tête 
dans la montagne. 
Il y a aussi un drame d'amour 
et une lame plantée dans le côté.
Et de ce drame 
un besoin d'Orphée...

Et c'est moi le vrai individu
qui depuis le début tient les rênes.
C'est moi,
cet astre sans âge,
ce prince 
au service de son roi et de sa reine.
C'est moi
leur engendrement
unique
qui sans cesse reprend 
incognito
une autre tunique.
Jamais je ne dicte.
Je ne fais qu'aspirer et inspirer
des petits gouttes de vrai
dans un peau puis une autre
jusqu'à me voir plein de joie
munie d'un masque de personnalité
assez transparent
pour enfin ici-bas servir consciemment.
Je serai chevalier pour
le roi et la reine
qui tout ordonne
pour diviniser
ce monde.
Et malgré l'injustice,
la cruauté,
l'égoïsme,
je ne vis que de joie
car 
l'essence 
de ce qu'ils engendrent consciemment 
est de joie.


samedi 4 mai 2019

VERS LE FEU PSYCHIQUE - 5



La traversée s'oubliait
La misère 
le drame les avalaient

Une lumière intérieure 
dans les franges de l'obscurité
demeurait

Par quels astres 
se diffusait-elle ?

Un de ces astres
se rapprochait
Il brillait alternativement dans le lointain
Il influençait les marées

La mer intérieure
avait des courants favorables

Et les marins
qui ne renonçaient pas
traçaient leurs cartes

L'escadre flibustier
naviguait dans les brumes
mais défaisait peu à peu
les approximations

L'astre de l'âme
susurrait d'abord

Puis
il s'est montré
définitivement

Plus jamais la nuit
ne régnerait

Un armada tout entier
désormais lui obéissait

Une pluie d'or encore inconnue
l'accompagne
de splendeur en splendeur
prendre les places affaiblies
de l'ordre obscur
et repousser l'implacable loi
du point final


vendredi 3 mai 2019

CONFIE-TOI AU BATTEMENT DU CŒUR DE DEMAIN

Peinture de Niranjan Guha Roy - Continuité

Planté debout en mon âme
cet œil de toujours
une aspiration
crépite

Au centre du regard immobile
commence à battre
le cœur palpitant de demain

Et devant un vieux moi subsistant
un petit bambou de dévotion lui dit :

Je veux toute Ta force
douceur essentielle
Je veux disparaître
Je ne veux plus être 
devant Toi 
mon âme
que Ta petite flûte
dans le monde

Que je Te sois tout accordé
Que toutes mes voix
se laissant orchestrer
 je ne joue que
Ta musique et Ton chant

Et mon âme inspire :

Prends-toi au mot poète
Va-t'en chantant 
le verbe
d'un art improbable
L'essai infructueux
ne peut plus te faire douter
Tu commences
à te laisser guider
dans la transparence
au rythme 
de mon battement ardent


Peinture de Niranjan Guha Roy

jeudi 2 mai 2019

DANS LES REPLIS DE LA TRANSPARENCE

Peinture de Niranjan Guha Roy - Transparence

Dans le creuset silencieux
d'un repli de la transparence
une pellicule transpercée
me libère entier des apparences
Je suis en vérité
ce voyageur des mondes
aux mille identités

Grand ouvert
jusque dans les plis du cœur
La flamme d'Agni



mercredi 24 avril 2019

SURSAUT DU BRÛLOT D'ASPIRATION - VERS LE FEU PSYCHIQUE - 4





Les premiers pas de soleil en plus
marque l'ombre entêtée


Je n'aurai aucune fidélité 
sinon celle au plus pur de moi-même

Qui sont ces autres qui me réclament
credo et actes baptismaux

C'est par foi ardente 
que je soumets à ma propre vindicte
toutes les parts de moi 
éprises de misères égocentriques
Elles seront mises au poteau et étranglées
sacrifiées pour que ce moi pur se libère

Moque toi des rêches opinions 
des idées précieuses
des prêcheurs de tout bord 
(y compris de mes amitiés anars) 

Pourquoi s'en prendre à telle idée 
plutôt qu'à telle autre

Cesse de diviser 
de structurer et de discriminer

Bien sûr telle pensée te vaudra 
moins de tristesse
te dis-tu

Tranche plutôt un bon coup

Aucune identité mentale 
n'est plus fiable qu'une autre

Abats l'idole et la religion des idées 
qui engendrent toutes les religions 
leurs inquisitions 
leur politbureau
et même en version tolérante 
leur politiquement correct

Tranche au vif

Sois lumière pure et simple 
l'esprit planant libre sur les eaux  
cherchant le repli de ton âme
dans le fil d'un appel aux beautés

Il n'est nulle pensée nécessaire
pour apposer des mots 
sur ce brûlot
qui aspire

Ce feu d'artifices délurés
fait des prémisses 
de futurs insoupçonnés

Des ondulations de lumières colorées
descendent tout chambouler
et
vont dresser un axe périnée-occiput
qui débouche au-dessus du crâne

Une blancheur céleste diamantine
s'y faufile
et
fait sortir le daimon 
du fond de sa caverne du cœur 



samedi 20 avril 2019

VERS LE FEU PSYCHIQUE - 3






Savoir prendre refuge dans l'océan de paix
première simplicité
la tâche effectuée
laisser être

Quand les vents s'agitent
savoir regagner 
les grands fonds de tranquillité
qui imprègnent tout en tout

Ne pas ôter le voile du tourbillon
qui surchauffe la terre
Baignant de la seule paix
entrer dans les vagues

Le corps à la dérive les yeux ouverts au ciel
a ses secousses providentielles

Nul cadavre de chien dérivant
sur ses canaux surchargés

Nulle pâle Ophélie 
ayant renoncé
défilant aux étoiles 
sur ses eaux 
émaciée 

Réapprendre à regagner les surfaces
Poser gué à gué 
marcher sur les déluges du chaos
Se rappeler les vieux rêves de la science
Verser le nectar dans des outres neuves

Rien ne sert de bricoler 
avec nos lunettes 
pour faire bouger d'un levier 


Nous rêvons d'une intensité 
qui ne se déferait pas
La vie se sachant redoublant 
de grâce sur elle-même

Revenu à soi-même fonçant au centre 
et à la croisée
Ce qui ne passe pas tombant de soi-même 
dans l'ignorance

Ce qui devient
décoche le trait vainqueur touchant au cœur

Brillance soudaine

Ovoïde suprême
dont les bords disparaissent
à mesure qu'on les approche

Espace sans borne
où tout vibre d'une seule et unique vie

Glisse réelle présence 
jusqu'à ta propre naissance glorieuse

Humble surgissement dans la chair souffrante

JE m'écris de vagues imprécises 
en vagues soumises 
aux aléas de mes besoins d'être
les plus ensevelis de mon trésor divin inconnu

Je ne sais mais j'ignore 
ce qui est à découvrir 
par-delà la limite de l'ivresse extatique
Je m'aventure
pour aller plus avant
sous les auspices de la déesse fortune


lundi 15 avril 2019

VERS LE FEU PSYCHIQUE DE L'ÂME - 2



Les pensées s'écrasent sur le fil concentré de lumière
Ces moucherons et ces lucioles volettent tout autour
attendant qu'un écart les laisse entrer 
et mener leurs danses


Posté sur le presque rien tutélaire
Le corps fluide s'écoule abandonné en la Mère


Dans la lumière de la lumière
J'ai encore plus de foi
Combien mon cœur sait que les cœurs débordent

Je n'ai rien à t'offrir Mère que ces quelques mots
La paille humaine tu l'embrases
Je suis si peu

Dire seulement l'imperceptible 
qui
quand plongeant en l'espace infini fait aimer
cette lumière dans la coupe du cœur scintille
dès qu'y obéit mon attention



Rien de connu sur le sort qui étreint le cœur
Il ne me lâche pas
Il crie d'amour
Il prend tout ce qu'il peut pour l'offrir au divin

Il me relève quand je m'abaisse
Le jour et la nuit se consultent
Dans le royaume des peurs
le voyageur s'est laissé dévorer
la transparence par les forces grisâtres


Les bestioles étaient Trois ou quatre
De grosses boules saumâtres
tournant légèrement sur elles-mêmes
Une étrangeté parasite
s’engrenait dans mon côté droit
Elle se nourrissait d'excitation

Confiant son cœur à la mère
dans la lumière de la lumière
il y a encore plus de foi
Combien le cœur sait que les cœurs débordent

Je n'ai rien à t'offrir Mère de plus que ces quelques mots
La paille humaine tu l'embrases
Je suis si peu

Dire seulement l'imperceptible 
qui 
quand plongeant en l'espace infini fait aimer
cette lumière dans la coupe du cœur scintille 
dès qu'y obéit mon attention

A quoi pourrait encore s'accrocher la fausseté
L'amour goutte à goutte
s'écoule
Et il connaît l'heure
Où frapper la conscience


Rien devant Toi
Ta lumière quand je t'offre inlassablement mes impasses
fait sans que je la vois des possibilités que je n'avais pas

Par petites touches de liberté
tu fêles le carcan

Et chaque fois tu me remets cette liberté nouvelle
j'ai même le droit d'abîmer et de gâcher l'offrande

Et quand j'ai perdu ce bien précieux
par mes caprices facétieux

Quand je regrette et que confiant de nouveau 
je Te prie
Tu me la redonnes

Vraie Mère
Je T'aime
Je T'aime

Je suis le sol assoiffé craquelant vers le Ciel
Je suis la forêt qui par sa petite brume d'été
lancée à l'aube attire la pluie du soir


Le rocher d'impatience a dévalé en bas de la vallée
Mon cœur embué des vapeurs mentales
ne voit plus très bien devant lui
ni ce qui doit être réalisé 
ni lequel des deux pieds avancer

Mon humanité animale ne connaît pas l'équanimité
Son œil la porte automatiquement à ses vieux intérêts
Et toute son intelligence ne sert qu'à les raffiner
et à souffrir toujours plus sans le savoir de leur inanité

Lève toi du fauteuil d'où enfoncé dans ta vieille humanité
Tu vois tout défiler en boucle l'amertume y compris
L'histoire ne serait qu'un plus ou moins de confort
Lorsqu'au final tu finis par boire tout de même 
la même liqueur du drame

Mais derrière
sur le vaste écran de la grande vacuité tout est souverainement égal
Laisse toi regarder à partir de là
Une grande paix abolit la bulle mentale
qui s'interposait entre ton petit cœur et la force créatrice

L’œil confiant attend 
que la Mère des mondes le surprenne
L'écran où ces mots défilent vaut la moindre poussière
Toute l'égalité est le geste d'aspiration du cœur
attendant patiemment qu'elle révèle 
dans un détail improbable
l'or du nouveau monde 
dans laquelle sa danse effacera celui-là

Rien des grandes gloires miraculeuses
le nouveau monde avance discret
poussant ses pions l'un après l'autre
Mon œil d'animal grossier n'en a rien vu
occupé qu'il était
à ses préférences de la vieille espèce

Mon mental pestait encore contre les folies bien humaines
qu'il ne cesse de nourrir subrepticement de son pessimisme cynique


Jour d'impatience
tu te tiens dans la mer et l'orage
tu zèbres d'un éclair
le ciel vide

Te tenant dans le séjour inhabituel
tu retapisses les correspondances
de nouvelles essences


Les vieilles lubies les cadavres que traînent les peuples et qu'ils tentaient d'habiter sont abandonnés
Tout se déploie comme un secret dans la matière
La tragédie n'intéresse plus personne

Je n'ai rien à t'offrir Mère de plus que ces quelques mots
La paille humaine tu l'embrases
Je suis si peu

Dire seulement l'imperceptible 
qui 
quand plongeant en l'espace infini fait aimer
cette lumière dans la coupe du cœur scintille 
dès qu'y obéit mon attention