"tout conflit intérieur est le signe d’un manque de sincérité.", Douce Mère
Je suis peut-être un poème égaré
Et
Toi âme orpheline
A qui se sont imposées
Les versions revisitées
Au goût du jour
Des éternelles ritournelles
De la
Chanson du "moi, je" mal-aimé
Peux-tu m'entonner
A la note juste
A la hauteur
Où l'on m'a fait ?
J'aurai pu peut-être être chanté
Par toi
Un autre jour
Une autre vie
Et aujourd'hui
Que vaut ici
La Joie délibérée
D'où je suis né ?
Est-ce aujourd'hui
Lecteur
Fruit d'un hasard
Qui n'en est pas un
Que ton âme
Reviviscente
Ressusciterait ?
Rien qu'un peu
De
Sa foi réassurée
Exultant
A l'avance
De la
Victoire du Vrai
Suffirait
Et la soif de beauté vraie
Si souvent ne l'a pas emporté
Seules
Les cendres misérables
Du "moi,je"
Mensonger
Partout
Semblent s'envoler
Ennuageant
Le Soleil de la Vie
Recouvrant
Cette même braise d'où je fus tiré
Dans l'obscurité souterraine
D'une grotte
Au-delà d'une porte
Malheureusement
Bien trop souvent
Close et scellée
Dans la plupart des cœurs
Toi mon possible lecteur de toi-même
Si par la Grâce imprévue
Ton aspiration
Entrevoyait
Ces lueurs
Qui m'ont fait !
Dans la poussière des cendres passées
Il y a bien des larmes potentielles
Que l'œil finira par verser
Sans être directement concerné
Par ceux qui en vain
S'y sont consumés
Le poète dramaturge
Aura bien de quoi
Esthétiser !
Mais moi ce poème
Frêle enfant de la Joie
Je ne suis pas de ce goût-là
Je porte en moi
Une vision
D'issue certaine
J'attends tranquillement
Que les pages se tournent
Et
Un lecteur de soi-même
Se lira
Immanquablement
A travers moi
Ces vielles chansons
Feraient-elles illusion
Si
Au lieu
Du masque du mal-aimé
Et de son revers mal-aimant
Une flamme de Joie
Jusque là
Endormie
Dans ces cendres grises
D'humanité endolorie
Se
Surprenait
En se jouant
A tue-tête
Jusqu'à dévoiler
La merveille des merveilles
Potentielle
Vibrant
Au plus secret
Des ondulations
atomiques ?
Je suis le poème
Déposé-là
Juste l'écho
D'un doux rêve
Qui à l'heure froide matinale
S'évanouit
Dans ses limbes
Je suis
Fragile
Réminiscence
Doux idéal
D'une flamme interne
Qui se rallumerait
A proximité
D'une autre
Là où j'ai grandi
J'ai pris en un cœur bercé
D'un plein d'Amour inespéré
Le goût de la divine beauté
Je l'ai vue
En son moindre détail
Se cachant se montrer
L'œil qui m'enfantait
Enfin décillé
Des illusions grises
Où chaque décision prise
Est danger
Pourtant j'ai mémoire
Quand
Par la voix d'un compagnon
Sur le chemin
Toi Douce Mère Tu lui as dit
Que le "moi,je"
S'était bien trop montré
Pour être vrai
Effectivement la grisaille agressive
Du lopin à défendre
S'est bien proposée
Le ton professoral de l'ami
Prétexté pour ne pas T'écouter
Pour manquer
L'appel de Ta joie
Son feu d'âme vraie
A reculé
Se terrant rejeté
Alors
Pied à pied
Je l'ai vu rejeté
La pensée défaillante
Les milles modes
D'où de nouveau
Elle venait
A se représenter
Et dans l'espace purifié
Vide et inhabité
Ouvert au Divin
Patiemment attendu
Et
Non exigé
J'ai vu la Grâce inaperçue
Se dévoiler
Sa blancheur
A tout recouvré
Alors moi poème
Passeur
Éventuel
D'une âme à une âme
Mes joies transportées
En milliers d'étincelantes
Bonnes volontés
Je vous défie
Spécialement
Petites mauvaises pensées
Qui de mon lecteur
Voulaient m'entraver
Votre goût vengeur
Qui
S'étale
Je le reconnais
Vous voulez que l'on vous rumine
Et que votre venin ingéré
Vos sujets envoûtés
Atteignent l'état critique
Suffisamment
Pour qu'à
La moindre incartade
Opportune
La main amie
Ce mouvement
Du Verbe vrai
Soient mordues
Et
Déchirées
Vous voulez
L'élan de beauté vraie
Une fois de plus entraîné
Dans les tourbières
Désespérantes
Des marécages
De déshumanités
Mais
Moi poème
Aux milles yeux ouverts
Je vous offre
Un œil vigilant
Le lecteur de soi-même
Est bien là
Inaltéré
Sa paix en Soi
Il
Peut répéter
Autant de fois qu'il le faudra
Le décret :
<< Grises pensées, partez
Je ne vous ai
Que trop goûtées
Je suis grand soif de Beauté vraie
Je sais qu'elle ne sera jamais là
pour "moi, je"
Et autant de fois qu'il le faudra
La laideur
Qui s'accrochera
S'en ira. >>
Et "moi,je" dépossédé
Le fond du cœur et le ciel
S'entrouvriront
La beauté
D'elle-même
En montera
Quoi qu'il advienne
Un amour infini
Baignera nos âmes
Maladroit
Poème
Enfant lointain
D'un décret du
Seigneur
Qui
M'a permis
De baiser aussi
La main
Par qui Mère
A voulu éclairer
Son interprète sincère
Et
Je me sens prêt à cesser
D'être en toi
Mon interprète
Permets
Que je m'achève
Tout
Tranquillement
Par ce mot ondoyant
D'apaisement


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