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jeudi 8 septembre 2011

IMPROVISATION CLIMATIQUE -3.


Ma maison est vieille

Recueillir la rosée lumineuse des cieux
tendre le filet silencieux au-dessus
de ce que peut  l'oeil de l'esprit

A la marge lointaine du silence
sur la danse des mots qui viendraient dans le rythme se déposer sur la ligne
Le souffle a tiré le fil imprévisible
Il déferle comme un pilon qui pressure l'ombre

Le centre de soi encore engoncé dans sa gangue
se sent à l'étroit  tout derrière
Dans son naturel d'aspiration
Il gonfle de joie des vagues légères de lumière
Et rend  l'effort inutile

Comme tant d'autres nous avions fouillé les poubelles du passé avec nos lampes de poche
Toutes ces petites ordures nous les avions bien contemplées
Et leur odeur s'est accrochée à ce que nous croyions être
La lumière purificatrice nous prenne en pitié !!!
Mets la difficulté devant l'oeil divin m'as-tu répété
Ne t'appesantis pas sur elle t'efforçant seul de lutter

La Mère de cet empyrée va doucement tout métamorphoser

Des êtres primaires me poursuivent
Les invasions fossiles de la vieille espèce
S'attaquent à ma demeure
J'en saigne un grisonnant patibulaire
Les autres me craignent
sur un monticule de bois
j'en repousse un à grand peine
balaise mais maladroit
D'autres s'avancent mais gourds
ne me voient pas léger
me faufiler entre les planches verdies
Me voici sur le toit
précaire mais hors de portée
Ils m'ont perdu de vue
Un trou donne par en bas
J'ai des lames coupantes
Je pourrai les jeter sur eux mais une brume les masque
Inutile de les manquer

J'ai prié sans rien en savoir la Mère de m'appliquer
son thermocautère
sur mes cellules enténébrées
L'étau se resserre sur mon mensonge
Le non qui ne veut pas se dire devient
une douleur palpable dans le crâne
Il y a le non mais mon coeur quelque part adhère
j'attendrai et me laisserai faire dit-il
Son oui fendant la folie du non la douleur s'est écoulée furtivement lumière
Je l’appellerai encore
J'attendrai qu'elle finisse par s'écouler toute entière
dans toute la substance aveugle du corps

Puisse la cascade des cieux perforer la misère du monde
De qui toute entière je me suis composé

dimanche 14 août 2011

IMPROVISATION CLIMATIQUE -2.


Mon maître de vie est mon dernier né
Je réapprends de lui le sens premier

Il y a eu d'abord son sourire de plénitude
Où l'unicité retrouve dans le corps et l'esprit sa complétude
En marge du monde
Moi aussi je me suis reconnu

Mais j'ai trop soif du monde et de sa joie
Le temps tisse d'autres champs possibles de joie
Et mon enfant a commencé à sourire pour accueillir ici dans sa coupe vacante du coeur le visage là-bas
Cela retrouve Cela
Mon dernier né m'a étonnamment rappelé que
Je suis le Je SUIS de l'autre

Mais j'ai encore trop soif du monde et de sa joie
Dans la patience du grandir j'attends notre rencontre d'âme à âme
Et il y a la rencontre de l'étincelle au fond du coeur avec l'étincelle tout au fond des yeux là-bas
Mystère d'ailleurs dans le déclic de l'instant de deux-yeux d'un seul regard
Où mon étincelle rencontre au tréfonds du sourire une communion
Mon âme et son âme
Deux âmes communiant dans le seul amour de Cela

Et mon dernier né scrute le haut de mon Oeil
Vu dans le miroir
Il me regarderait au-dessus du crâne
Intérieurement je me suis placé là
Et dans la coupe de mon coeur il y a eu le tressaillement de la joie
Voici l'endroit d'où je dois me redresser
Pour l'accueillir lui qui vient faire ici son chemin

vendredi 12 août 2011

IMPROVISATION CLIMATIQUE-1.


Notre cœur a-t-il  les noblesse du passé
Mais grandeur ou petitesse
l'ascension et la descente sont maintenant
C'est l'Heure

Il y a des foules en liesse ou en détresse
Il y a les émeutiers l'affolement des places financières
Il y a l'étourdissement du premier baiser
Il y a l'ignorance politique des seules réponses policières
Il y a le bébé qui pleure pour l'atmosphère
Il y a les quiproquos les maladresses
Il y a un désir que la circonstance maltraite
Il y a le rire irrépressible qui envoie tout balader
Il y a le mot qui blesse ce qui n'a fait qu'être

Mais c'est l'Heure de l'éternel le silence demeure
Sa force calme et tranquille écrase les punaises de pensées
Qui nous raccrocheraient bien à nos peines routinières
Les vieux disques sont repérés un à un
Ils sont broyés patiemment et mis tout en miettes
Le silence demeure
Embrassant
L'extrême pointe de nos rancœurs
Elles fondent

Tout danse dans sa transparence nue
Si nue que s'y réverbère sa pure lumière
Jamais on n'avait éclairé ainsi nos nuits intérieures
Sa majesté tranquille en abreuve tout l'espace
Les mauvaises bêtes tapies dans nos ombres meurent
Personne n'en veut plus aux docteurs
Ces misères infectaient collectivement nos corps
Dès lors que nous n'avions jamais sincèrement cru en la joie

Tout ce qu'il y a est une joie sans nom
Car c'est l'Heure

Où il y a
il y a ce point intime plein d'amour à craquer
il y a ce fil secret qui serpente jusqu'à notre filiation secrète
Nous sommes Fils du Suprême jusqu'à la racine
Nous nous étions oubliés
Nous revoilà conscient de notre mystère dans le corps et la matière

Nous reviendrons de corps en corps ce qu'il faudra
Le quatrième feu circulera dans nos veines
Le secret ignoré de la matière noire
Qui enserre chaque grain de matière sera percé
Cette matrice qui commande la mort des étoiles
Et la douleur de l'accident
Dans la lumière de la lumière de notre joie
Va en être tout éclairée
Elle est là déjà toute fendillée en bas
Par le feu de nos aînés

C'est l'Heure Heureuse
La dose d'amour est enfin celle qu'il fallait
Pour fondre en un seul jet
Les secrets du ciel et les profondeurs de la terre


vendredi 22 avril 2011

EXTRAIT DE GLAUCUS PAR MAURICE DE GUERIN :

Mais le jour où, du haut d'une cime perdue,
Je vis (ce fut pour moi comme un brillant réveil !)
Le monde parcouru par les feux du soleil,
Et les champs et les eaux couchés dans l'étendue,
L'étendue enivra mon esprit et mes yeux ;
Je voulus égaler mes regards à l'espace,
Et posséder sans borne, en égarant ma trace,
L'ouverture des champs avec celle des cieux,
Aux bergers appartient l'espace et la lumière,
En parcourant les monts ils épuisent le jour ;
Ils sont chers à la nuit, qui s'ouvre tout entière
A leurs pas inconnus, et laisse leur paupière
Ouverte aux feux perdus dans leur profond séjour.
Je courus aux bergers, je reconnus leurs fêtes,
Je marchai, je goûtai le charme des troupeaux ;
Et, sur le haut des monts comme au sein des retraites,
Les dieux, qui m'attiraient dans leurs faveurs secrètes,
Dans des pièges divins prenaient mes sens nouveaux.
Dans les réduits secrets sur le gazon recèle,
Un ver, du jour éteint recueillant les débris,
Lorsque tout s'obscurcit, devient une étincelle,
Et plein des traits perdus de la flamme éternelle,
Goûte encor le soleil dans l'ombre des abris.
Ainsi......................................................

samedi 31 juillet 2010

DONNE TOI AU TOUT AUTRE, TON PLUS PROCHE PROCHAIN !

L'ego s'égosille dans son goulot d'étranglement
Il s'affirme indigne de vivre la vie divine
Oscillant en ses lueurs défaitistes
Et ses rêves démentiels d'arracher la flamme ultime
Il n'entend pas le murmure crépitant de l'œil simple
Qui tient grande ouverte la porte des dieux
Maintiens-toi en Moi et tu sera guéri
Lit-il sans se laisser faire faire le geste essentiel

L'ego redit à l'envie son discours de seconde main
La porte est étroite et peu en trouve le chemin
Je n'ai pas fait les dix milles pratiques
Je ne me suis pas assez longtemps courbé l'échine
Mes désirs vains me ramènent toujours
Sur la route bien plus large de la perdition
Je me prosterne incertain du rachat
Il y en a si peu à qui il est donné de faire
Le dernier pas sur le chemin du salut
Faire un avec tout se mérite si rarement


Retourne toi
Tu le trouves discrète immensité d'où tout se perçoit
Le divin t'y dit je suis ici et partout à la fois
Reconnais toi en Moi
N'écoute plus ce qui te dit
Il est en face agenouille toi
Ce qui te dit fais ci fais ça sacrifie cela
Retourne toi
Ne vois tu pas tout apparaissant en ma lumière simple


Sa lumière divine t'éclaire tel que tu es maintenant
Sans rien juger de ce qu'elle anime
Quel que tu sois elle est la lumière et la vie
Par lesquelles tu vis et perçois
Toutes les créatures qui à l'instant
Paraissent en cette totalité parfaite qui t'entoure
Baignent avec toi en cette lumière immédiate et discrète
Ce qui l'ignore s'ébroue dans son être
Tes agitations spirituelles s'élèvent et s'arrachent
De sa présence dans son silence miséricordieux
Vas tu lui usurper sans cesse son essence
Pour dire l'amertume de ne pas louer son évidence

Reconnais là
Maintenant
Perds juste la tête contrefaite
De tes multiples défaites
Remets là en place un peu plus loin devant
Au bon souvenir de celles des autres
Ta juste raison reconnaîtra la lumière simple
Qui rend possible au chameau
De traverser le chat d'une aiguille

Le voile seigneurial qui s'est imaginé sera levé
L'idole du Tout Autre aura fini de nier le paroxysme
Du prochain qu'il peut être ici pour toi si tu le permets
L'ombre capricieuse ne jouera plus
Le soleil noir de la mélancolie
En faisant corps avec ce que tu prends pour toi
Ta racoleuse poésie des regrets et nostalgies
Tes facilités dépressives à la phrase fluide et précieuse
Se trahiront comme la beauté infatuée du drame
Qui fait volontiers semblant
De ne pas se prendre au sérieux
Pour avoir le droit de se rassasier de spleen

Accroche un scintillement de ton âme
A la plénitude de la transparence du torrent de la vie
La paix s'en épanche
Ce torrent d'abord presque imperceptible vibre
Et son subtil grondement dissout en douceur
les nœuds de l'ombre qui s'entortillent encore
Autour de ton âme enfantine
Tentant de la tenir captive
Dans le flou des mouvements du désir
Qui se confondent indûment
Avec le réel besoin d'être
Le barbouillage des aigreurs badines
Te susurre que ton âme est maudite
Puis rebondissant moins acide
T'esquisse le sourire du cœur cynique
Retourne toi
Ne te distrais plus des caresses
Du torrent secret de la source libératrice
Maintiens toi là en lui
Où grandit la soif d'essence divine de ton âme

En sa lumière sainte tu as toute la teneur
Jadis interdite de l'amour
Si tu voulais lui offrir
Rien que ce que tu estimes ton pauvre ersatz
En laissant choir vraiment tous les yeux imaginaires
A la vue de son seul œil de lumière
Ta soif de lui même impure de ton point de vue
Ne sera plus détournée au désespoir
L'amour dont tu l'aimeras quel qu'il soit
Deviendra l'amour sans objet qu'il est pour toi

Ôterait-il alors un autre de tes voiles
De devant ses feux célestes
Retrouvant la pauvreté divine
L'œil de ton âme dessillée
Célébrera encore et encore
Cet amour en la plus banale lumière
Du premier voile retiré
Où il ne cessera jamais
De pouvoir se rencontrer

jeudi 29 juillet 2010

CONTEMPLATION.


L'hémicycle de masses d'ombre
Parsemé de foyers lumineux
S'élève droit au ciel

Une bouffée de grand sommeil
S'étire et abolit un peu d'impression charnelle
qui vibrait dans la vision

Le paysage ne s'occulte pas
La couronne sonore des criquets et grillons persiste
Rappelant l'incorporel qui embrasse l'horizon
Dans l'ombre deux cônes de lumière parallèles avancent
Traçant une route qui derrière eux s'efface

Ces mots s'emboîtent s'ajustent ou se raient
Ils émergent doucement
Sans négliger où s'accueille
Le beau visage de la nuit

vendredi 9 juillet 2010

DEVOTION 7. AU PIED DE LA VIE DIVINE.


Au pied du moment indicible
Le cœur enfin vide
La coupe des pensées éclaircie
Nulle ambition sinon le linéament subtil de Ta volonté

La faiblesse des indices
n'empêche plus Ta grâce de reprendre l'ascendant

Quand Tes lumières se mettaient en retrait
L'âme du disciple perdu
Sous l'ombre de l'enfant démuni
A qui l'on a retiré son jouet
Ne se voyait plus

Il n'y avait plus que
Chagrin et misère d'un cœur désespéré

Mais l'âme cette fois éprise de joie et d'humilité
Se laisse abaisser au centre de la pauvreté
Il fallait qu'elle boive à la fontaine de Ta discrétion infinie

Dès lors une telle âme s'attise
Toute entière du feu de Ton amour
Y jaillit plus vive que jamais au tréfonds
L'étincelle première
La perle inestimée
Où tout ne fait qu'Un

Elle chante là
Si proche bien qu'encore un peu loin

La glose de l'amant grime de son feu pâli 
Ta douce incandescence
qui berce le feu de toute sa constance
Car Ton amant tournant le dos à la source de la lumière perçue
S'agenouille les mains dans ses eaux boueuses
N'osant plus rien regarder

La perle de son amour réalisé le retourne
Le redresse les deux mains tendues vers elle
Toutes deux pleines d'immondices
Elle lui arrache sa parure de vertu
Elle illumine et transmute
Ton amant pourra s'approcher
Il n'a plus qu'à mettre tout son désordre à Tes pieds

Et si le portail d'or qui vous sépare s'ouvrait
Embrasserais-Tu tout ce qu'il est
Se fondrait-il en Toi
comme l'amour en l'amour
comme un rayon de lumière au grand jour