]]>

jeudi 31 janvier 2013

ELAN D'ASPIRATION

Ayant dessiné l'image des douleurs sans fond
Ayant humé des cœurs blessés
qui n'ont plus entendu l'innocence de leur âme
depuis qu'on a voulu les noyer
dans les flaques boueuses de l'histoire

Étant allée du côté du nuage d'inconnaissance
Dans ses fins fonds du rien d'où sourd la foudre béatifique
Se faufilant de l'occiput jusqu'en dessous des pieds sous terre
L'aspiration installe une traînée de lumière qui ouvre une artère
bouleversant les lois établies des sensations organiques

Aspirant et aspirant tournée au ciel  pour qu'en ruisselle
le secret d'une Mère d'absolue douceur
pour ses enfants désespérés 
Dans les prémisses mon âme lui consacre sa chair
afin qu'elle fore dans les entrailles de la terre
jusqu'à un nouveau minerai inépuisable
un or de matière divine qui rachète toutes les âmes
de leurs enfers illusoires
Et leur donne le goût d'une œuvre sur terre

mardi 6 novembre 2012

DECOMBRES ANGELIQUES DE PENSEES.

Gabriel Durand - 2012
Sans rien à situer
sur les décombres de ce qui précédait
dans la nuée des pensées
ta lumière multidirectionnelle s’étiole

Tires-en le fil d'invisibilité
et décolle toi de la fausse réalité
où tes contenus usuels te conduisaient

Ne t'attache plus aux généralités

Tires-en le fil de lumière singulier
le fil sacré de l'instantanéité
qui leur donne d'être re-présentées

L'illusion désamorcée
elles avancent poétiquement
leurs figures
d'anges enfin exposées

Gabriel Durand - 2012

In memoriam Stephen Jourdain.

lundi 5 novembre 2012

DEVOTIO MODERNA.


Tout nous renoue
au fil énamouré
qui apparaît disparaît
dans la roide intensité
des brillances divines

Et la vague de paix
et la vague de joie
s'étirant sur nos rivages
une fois passées
dans une nuée d'inattention
nous repartirons plus avant
pour ancrer l'essence de notre âme
à ce qu'elle tient à cristalliser

Cela jubile de partout sans objet

Des joyeusetés multicolores
aucune ne nous égare
des ténèbres lumineuses
où suivant la piste d'or
de la précieuse extase
nous entrons dans le secret
de ce qui advient

Serge Durand - novembre 2012

LIBRE ET PAUVRE D'ESPRIT.

Le clinquant déglingué
Les dorures de la république
désolées
Clapotis de pensées
JE frappe le point qui à l'instant demande à s'imager
Une volée d'anges poussière s'envole égayant l'espace
de leur innocuité
Mon royaume est l'immatérialité
JE frappe de nouveau
J'ai en rendu les clés
Libre et pauvre d'esprit

In memoriam Stephen Jourdain.

dimanche 26 août 2012

EN LISIERE D'UNE AUTRE POSSIBILITE.

Le pèlerin a perdu son sens commun
Ses harmonies sont mortes
Ce qu'il croyait s'est tû
Ce qu'il savait était fort incomplet

Il est un vieil homme en chute libre
En lisière d'une autre possibilité
Sans assez de courage pour s'y s'aventurer

Car il sait ce qu'il lui faut encore laisser
Pour faire l'autodafé de toutes ses collantes identités

Et de sourire de 
Tant de drame soi-disant
Pour revêtir sa divinité

Il entend une voix physique maternelle de l'autre côté
un rien voilée d'une fine pellicule d'inconnu
Ses vieilleries impures lui barre bien le chemin
Mais un processus est là
Il sera aussi long qu'il le sera
Il se fera

En son cœur pointe l'ange nu
Le fils solaire qu'il est émergera
La Mère des mondes qui s'est faite femme
Pour avoir certains de ses fils sur ses genoux
Est bien maintenant juste de l'autre côté

Elle ne saura rien lui refuser
Ce qu'il veut elle le veut ou ce qu'elle veut il le veut
Elle se découvrant en lui et lui en elle
Leur vouloir harmonieux

jeudi 2 août 2012

L'AME RETROUVEE DU GRAND OEUVRE MODERNE.

http://herve.delboy.perso.sfr.fr/aurora_consurgens_2.html
La logorrhée des émotions les mieux chantées
n'effleure jamais un rayon d'éternité :  
Nulle aventure, nulle traversée,
encore une grimace de l'ego, un maquillage d'effets verbaux.

Pris de soif poétique, l'alchimie moderne a précipité
la révélation du tribut à payer :
L'ego doit s'éclipser quel que soit le procédé,
la parole inspirée surgira d'une nuée inconnue dans l'esprit.

L'artiste moderne est prêt à toutes les folies
pour que sourde l'éclat renouvelé d'un grand œuvre
libéré de toute autre règle que la sienne 
Et retombant immanquablement de ses cieux
voici que l'artiste redevient moqueur et blessé
l'oiseau qui ne sait pas vivre sur le rasoir de l'absurdité.


Tout est déformé et confondu :
Pour en réchapper
Ces modernes maudits, alchimistes de l'esprit,
déstructurent davantage leurs fluctuants personnages.
Ils fustigent vainement le malaise d'une civilisation
de plus en plus saisie 
par leurs crépusculaires vertiges.

S'agenouillant au pied d'un Bouddha
L'ordinaire leur devient parfois supportable
Leurs personnages délaissés, la vie s'écoule
dans la fluidité de l'espace intériorisé.

Mais tout alentour tout s'accélère, la matière en marge grince fort.
Rien n'est résolu.


Le nouvel artiste chamane
Cet autre explorateur de l'esprit
a déjà commencé à naître aujourd'hui

Il s'envole d'abord en quête de sa propre âme égarée.

La fibre profonde de son acte intègre les débris épars
de ses traits multiformes provenant des trois règnes.

Sur le verbe de son émotion miroite intacte
rapportée de ses voyages dans l'espace interne
une nouvelle matrice de sincérité
Afin que s'éveille en secret
le génie démonique de son authentique psyché.

L'âme ailée de l'artiste chamane saura émerger de l'ordinaire.
Elle brillera de ses lueurs furtives dans l'antre du cœur. 
Puis de plus en plus nette entourée de forces ralliées,
Elle sera l'Orphée triomphant imprimant la certitude d'immortalité
qui abolit la tyrannie du précaire
que le créateur moderne a secrété
malgré tous ses efforts contraires.

Et plus avant encore incarnant noblement le noyau absolument silencieux
que ne pouvait guère soutenir que l'impersonnel,
La parole purifiée de l'artiste chamane sera le fil suspendu
entre une âme, ses anges et ses dieux.

Là se mirera jusqu'aux premières vibrations cellulaires
le Suprême
qui luit à travers ces nuées d'inconnaissance
dont il s'entoure pour nous permettre d'exister.

mercredi 1 août 2012

EFFONDREMENT


L'âme ne parle pas
Mais si le héros ne quittait  jamais sa lueur
évitant la confusion de se croire telle personne
Il y mettrait à brûler tout ce qui trahit son rayon de douceur

Jusqu'à ce que fonde dans la joie le film étroit
qui sépare ce voyageur sans âge de ses bagages corporels
Ce poète ne pourra pas exactement parler en son nom

Car dans cet effondrement en lui-même
L'amour mord encore

Le verbe tremblant
En l'implosion créatrice
Nulle calme et douce tranquillité
L'habit d'incertitude remue les plaies du bonhomme

Le héraut n'ignore plus dans la mémoire glacée
des comédies dramatiques que je suis
Ses mirages de prétendre habiter l'éveil
sans voir continûment la lumière de l'âme

Lui ne mettra pas de côté  la forfaiture
en voyant bien tout à ce que je consens qui ne fait que l'étouffer
Lui
Cette seule et unique touche éternelle de mon intimité

Ce n'est pas l'erreur c'est la faute soigneusement recommencée
l'impossible sacrifice jusqu'au bout de ma dernière volonté
de ce paradoxal et misérable désir soi disant pour ma personne
qui ne fait que l'enchaîner
Lui mon héroïsme
Ma liberté divine

Mais c'est maintenant il suffit de se réjouir
Sur le semis des circonstances
même la vue trop imprécise
pour suivre les méandres de la conscience filandreuse
il me faut et il me suffit de retenter le oui jusqu'au bout
pour que s'effondre peu à peu ce muret qui tient mon âme étouffée

C'est le mantra lumineux de l'âme
qu'il faut nourrir de toute mes grossièretés

La folie et sa cohorte consumées
La ténèbre dégrisée
Ce héros m'emportera au profond
Avec lui je m'en irais vers ce que je suis en vérité
Là où lui et moi s'uniront